Table des matières et résumés
Numéro 79, printemps 1999


Index récapitulatif de 1993-2008
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Note de l'éditeur (Masuzoe Yôichi)
Chronologie (août - octobre 1998)

GUÉRIR LES BANQUES ET L'ÉCONOMIE

  • Le Japon change (SAKAIYA Taichi)

    En 1998, près de vingt ans après avoir quitté le ministère du Commerce extérieur et de l'Industrie, l'auteur, connu pour son œuvre de romancier et ses analyses économiques, a réintégré la fonction publique en prenant la direction de l'Agence de planification économique. Son propos dans cet article est de montrer que le Japon, qui se trouve confronté à sa crise la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a déjà commencé à changer. En témoigne notamment la façon dont Obuchi Keizô est devenu premier ministre après avoir pris des engagements basés non plus sur les objectifs de l'Administration mais sur son propre programme, engagements qu'il a depuis entrepris de mettre en pratique. Autre signe de changement, M. Sakaiya lui-même a pris l'initiative de revoir à la baisse le taux de croissance économique annoncé par le gouvernement, rompant ainsi avec l'habitude qui consistait à ne jamais revenir sur les prévisions officielles, même lorsque leur manque de réalisme était devenu évident. Le tout nouveau Conseil de stratégie économique promet d'être une tribune où l'on débattra des mutations à long terme.

  • Cinq recommandations pour éviter la débâcle (NAKATANI Iwao)

    Pour sortir l'économie japonaise de l'impasse où elle se trouve aujourd'hui, il faut agir dans cinq domaines : (1) les troubles qui affectent le secteur financier, auxquels vient s'ajouter la dépréciation des actifs, (2) la grave détérioration de l'économie des régions, beaucoup trop tributaires des dépenses de travaux publics, (3) le déclin de l'esprit d'entreprise, manifeste dans le recul des créations d'entreprise, dont le nombre est inférieur à celui des fermetures, (4) la forte baisse des intentions de consommation, reflet de la montée du pessimisme quant à l'avenir de la nation et (5) l'inefficacité flagrante du secteur public, qui a perdu la confiance de la population.

  • Les responsabilités du ministère des Finances dans la " seconde défaite " du Japon (KISHI Nobuhito)

    L'effondrement de l'" économie de bulle " a porté au Japon un coup que certains comparent à la défaite de 1945. Et tout comme à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement américain prend un ton autoritaire pour dire au Japon ce qu'il attend de lui. La responsabilité de cette défaite incombe en premier lieu au ministère des Finances, qui, par sa politique monétaire et budgétaire, a permis la formation des bulles spéculatives des années 80 et, lorsqu'elles ont éclaté au début des années 90, n'a pas su réagir à temps pour faire face aux répercussions. Outre cela, les affaires de corruption impliquant des fonctionnaires du ministère des Finances se succèdent, d'où une grave crise de confiance qui s'étend à l'ensemble de l'Administration, dont il était jusqu'ici le pivot. La première mesure à prendre en vue de rétablir la réputation du ministère est de renforcer la transparence, en expliquant comment les erreurs ont pu se produire et en exposant leurs conséquences.

    LE JAPON VU DANS LE MIROIR AMÉRICAIN

  • Au-delà de l'anti-américanisme (SAEKI Keishi)

    On entend souvent parler de la " relation spéciale " qui unit le Japon et les États-Unis, mais ce n'est en fait rien de plus qu'une illusion japonaise. On observe aujourd'hui chez les commentateurs américains une nouvelle campagne de dénigrement du Japon qui vise manifestement à attiser l'hostilité des Japonais à l'égard des États-Unis. Dans le même temps, l'école de pensée nippone qui accepte aveuglément la libre concurrence et l'individualisme à l'américaine apporte elle aussi de l'eau au moulin de l'anti-américanisme. Les Japonais doivent s'émanciper intellectuellement, en trouvant la bonne distance vis-à-vis des États-Unis et en renouant avec leur propre identité nationale.

  • La méchante Amérique et le gentil Japon (IOKIBE Makoto)

    Depuis que les deux nations sont entrées en contact au XIXe siècle, les États-Unis, de par leur immensité même, échappent à la compréhension des Japonais. À un premier élan d'amitié a succédé une période de tension, qui a culminé avec la guerre. De même, le rapprochement d'après-guerre a été suivi par une montée des frictions. Depuis peu, l'idée que l'Amérique a abandonné leur pays pour se tourner vers la Chine s'est emparée des Japonais, mais c'est un point de vue alarmiste et erroné. Le Japon ferait bien d'apprendre à agir avec plus de souplesse et, dans ses efforts pour assister les États-Unis dans le soutien apporté au système international, de s'inspirer de l'habileté avec laquelle ce pays réussit à lier ses intérêts nationaux et internationaux.

    POLITIQUE

  • Deux étoiles montantes de la politique japonaise (IWAMI Takao)

    Dans le Japon d'aujourd'hui, l'homme politique le plus populaire est sans doute Kan Naoto, qui est à la tête du Parti démocrate du Japon, la plus importante formation de l'opposition. Si le premier ministre était désigné au suffrage universel, M. Kan serait certain de remporter la victoire. Mais dans le milieu politique, l'enthousiasme est plus mitigé et il n'est pas exclu que les électeurs lui tournent le dos lorsqu'ils découvriront son côté machiavélique.
    Shii Kazuo, le secrétaire général du Parti communiste japonais, jouit lui aussi d'une grande popularité. Bien qu'il n'ait que 44 ans, M. Shii s'est affirmé comme un homme talentueux et éloquent, et l'image qu'il projette n'a rien à voir avec celle de la vieille garde des militants du parti. Bien des gens suggèrent même qu'il pourrait siéger un jour au gouvernement en faisant participer le PCJ à une coalition.

    LA MORT D'UN CINÉASTE

  • Kurosawa Akira : une leçon de courage (SATO Tadao)

    Kurosawa Akira, le réalisateur de renommée mondiale, est mort en 1998, à 88 ans. L'un des temps forts de sa production a été l'immédiat après-guerre, quand ses films ont apporté un soutien moral à la nation japonaise déstabilisée par la défaite. En 1951, en remportant le Lion d'or au festival de Venise pour son film Rashômon, il a inauguré une ère nouvelle dans laquelle les films asiatiques ont enfin trouvé leur place dans les circuits internationaux.

    DÉBAT

  • Les limites de l'urbanisation (YORO Takeshi)

    L'agitation universitaire qui a balayé le Japon à la fin des années 60 est généralement interprétée comme un conflit entre l'ordre établi et ses contestataires, ou entre la gauche et la droite. Mais les deux pôles antagonistes étaient en fait la ville et la campagne. Inconsciemment, les étudiants de l'époque étaient les promoteurs de l'urbanisation, et les universités ne s'étaient pas adaptées à ce courant. Cette dichotomie entre la ville et la campagne offre un outil pour interpréter d'autres conflits, notamment ceux qui ont opposé l'Allemagne nazie aux Juifs ou Deng Xiaoping à Mao Tsetoung. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le processus d'urbanisation a déferlé sur le Japon, et le pays tout entier est sur le point de se transformer en une immense mégalopole qui serait incapable de subvenir à ses besoins en cas de rupture d'approvisionnement. Ce qui tend à prouver que la survie du monde ne peut pas reposer uniquement sur les villes.

  • Culture et technologies de l'information (SEKIMOTO Tadahiro, Philippe QUÉAU)

    Le 22 septembre 1998, Sekimoto Tadahiro, ancien PDG de NEC, a donné une conférence sur les technologies de l'information à la Maison de la Culture du Japon à Paris. S'intéressant aux effets de ces technologies sur la société, il a commencé par faire l'historique des progrès réalisés depuis le début de la révolution numérique avant de donner quelques exemples des dernières avancées telles que l'ordinateur personnel, le téléphone portable ou le réseau Internet. M. Sekimoto s'est ensuite penché sur les liens unissant le multimédia et la culture, insistant tout particulièrement sur la nécessité de concevoir des contenus informationnels de qualité et de créer une culture mondiale tout en respectant les particularismes. Pour clore son intervention, M. Sekimoto a répondu à des questions de M. Quéau sur des sujets comme la convergence technique et juridique des produits et le problème des barrières linguistiques.

    UN DISCOURS DE L'IMPÉRATRICE

  • Souvenirs de lectures enfantines (S. M. MICHIKO, impératrice du Japon)


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