Selon les résultats du Test d'anglais langue étrangère (TOEFL), le Japon est l'un des pays du monde où l'on comprend le moins bien l'anglais (l'Archipel se classe cent quatre-vingtième sur 189). Les hauts fonctionnaires eux-mêmes ont le plus souvent recours à des interprètes pour communiquer dans cette langue. A l'heure de la déréglementation, de la mondialisation et du réseau Internet, il est essentiel que le Japon remédie à cette situation s'il ne veut pas rester à la traîne. Même s'il n'est pas indispensable de rendre l'anglais obligatoire à l'examen d'entrée à l'université, la maîtrise de cette langue devrait être exigée, au même titre que des connaissances informatiques et des talents en communication, de tous ceux qui souhaitent occuper un poste élevé dans la fonction publique.
Réunis pour discuter de l'apparent isolement intellectuel du Japon, les intervenants de ce colloque se demandent pourquoi les Occidentaux ne s'intéressent qu'à une vision idéalisée, exotique de la société japonaise, et non à des auteurs comme Shiba Ryôtarô, dont les ouvrages rencontrent un énorme succès sur l'Archipel. Selon eux, il semblerait que le débat intellectuel et l'intérêt porté à la culture aient décliné à l'échelle mondiale. Pour attirer à nouveau l'attention étrangère, le Japon doit se doter d'institutions interdisciplinaires semblables à celles établies aux États-Unis, mais enracinées dans la culture locale.
M. OBUCHI ÉLARGIT SA COALITION
Le taux de soutien croissant du gouvernement et le niveau élevé de la croissance du PIB ont porté certains Japonais à croire que leur pays est en train de remonter la pente. Mais cette euphorie est injustifiée. Le gouvernement Obuchi a pris des mesures de colmatage qui ont pu donner l'apparence d'une reprise, mais en réalité le Japon demeure dans un état critique, et le manque d'initiative et d'autorité de la coalition au pouvoir et de l'opposition est voué à aggraver la situation.
Grâce à sa détermination et à sa capacité à intervenir au bon moment, le premier ministre Obuchi a obtenu jusqu'ici d'excellents résultats. Il a fait preuve d'une admirable perspicacité politique, aussi bien dans sa décision de former une nouvelle coalition avec le Parti libéral et le Nouveau Kômeitô que dans sa gestion de crises comme le lancement du missile nord-coréen. Autre élément en sa faveur, son gouvernement est en accord avec la conscience nationale du Japon.
LA SÉCURITÉ EN ASIE DE L'EST
En dépit des frictions commerciales qui les ont opposés au début des années 90, les États-Unis et le Japon ont conservé d'étroites relations dans le domaine de la sécurité depuis la fin de la guerre froide. Cette alliance devrait continuer à jouer un rôle majeur au XXIe siècle. Si l'Europe semble être entrée dans une période relativement stable, l'Asie de l'Est reste en effet une région sensible. On peut craindre en particulier une action militaire chinoise contre Taiwan. Si une telle crise éclatait et que le Japon, de par son attachement au pacifisme, soit incapable de réagir, l'opinion publique américaine ne tarderait pas à perdre confiance dans l'alliance bilatérale. Il est donc essentiel que l'Archipel se montre prêt à exercer le droit de légitime défense collective qui est stipulé dans sa Constitution.
L'auteur de cet article s'est rendu récemment en Corée du Nord en sa qualité de membre du secrétariat de l'Organisation pour le développement énergétique sur la péninsule coréenne (KEDO). La construction de deux centrales nucléaires nord-coréennes progresse conformément aux prévisions de l'accord-cadre de 1994. Malgré quelques désaccords, les ingénieurs nord et sud-coréens travaillent en étroite collaboration. Ce projet peut non seulement contribuer à l'intégration de la Corée du Nord dans la communauté internationale mais aussi persuader Pyongyang de respecter les traités sur la non-prolifération des armes nucléaires.
L'HORIZON S'ÉCLAIRCIT POUR L'ÉCONOMIE JAPONAISE
Ancien vice-ministre des Finances pour les affaires internationales, M. Sakakibara se penche sur les quatre années de ce mandat. Dans la société mondialisée d'aujourd'hui, l'information constitue selon lui la clé du succès. Pour que les interventions gouvernementales puissent porter des fruits, elles doivent prendre les marchés par surprise. Les mesures de déréglementation financière -- le Big Bang japonais -- peuvent aider le pays à s'adapter à la mondialisation et au cybercapitalisme, mais il ne faut pas sacrifier la culture et l'identité nationales au culte intégriste du marché. Le Japon doit donc continuer à renforcer ses liens avec l'Europe et l'Asie, où beaucoup de pays partagent cette vue.
Le gouverneur de la Banque du Japon explique pourquoi les autorités monétaires japonaises ont ramené les taux d'intérêt à court terme à un niveau proche de zéro. Cette politique du taux d'intérêt zéro, que la banque centrale envisage de poursuivre tant que des pressions déflationnaires subsisteront, a déjà porté des fruits : non seulement les taux d'intérêt à long terme ont enregistré une forte baisse, mais les inquiétudes liées au volume des capitaux accessibles aux banques japonaises ont sensiblement reculé et les acteurs du marché ont été encouragés à prendre davantage de risques. La Banque du Japon a décidé de ne pas définir des cibles d'inflation et elle rejette également l'idée d'accroître le volume de ses prises fermes ou de ses achats d'emprunts d'État en vue de relancer l'économie. Elle préfère soutenir la réforme structurelle de l'économie en maintenant sa politique d'assouplissement monétaire.
Index récapitulatif de 1993-2007
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