Table des matières et résumés
Numéro 84, été 2000


Index récapitulatif de 1993-2007
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Note de l'éditeur (Masuzoe Yôichi)
Chronologie (novembre - décembre 1999)

UN CARREFOUR POUR LA POLITIQUE DES PARTIS

  • Un nouveau programme libéral (HATOYAMA Yukio)

    Le nouveau dirigeant du Parti démocratique du Japon, principale formation de l'opposition, exprime ses idées sur la révision de la Constitution et critique les modifications proposées par Ozawa Ichirô, du Parti libéral. Il faut réécrire l'Article 9, au titre duquel le pays renonce à la guerre, de façon à clarifier le statut des Forces d’autodéfense en les reconnaissant officiellement pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des forces armées. M. Ozawa va trop loin lorsqu'il suggère que le Japon emploie "tous les moyens possibles, y compris l'envoi de soldats" pour les activités de maintien de la paix sous tutelle de l'ONU. Le Japon doit se demander si une politique axée sur cette organisation sert véritablement ses propres intérêts et ceux du reste du monde. En outre la proposition de M. Ozawa visant à instaurer le mandat à vie pour les membres de la Chambre haute ne tient pas debout et ne doit pas être retenue.

     

    REMETTRE L'ÉCONOMIE SUR PIEDS

  • Un programme de renflouement sans précédent (SAKAIYA Taichi)

    Le directeur général de l'Agence de planification économique prend note des efforts consentis par le gouvernement depuis son entrée en fonction en juillet 1998, juste après que M. Obuchi est arrivé au pouvoir. La situation économique était alors consternante et le cabinet a pris très rapidement des initiatives pour y remédier. Ces mesures ont mis fin à la pire phase de la récession, mais il est encore beaucoup trop tôt pour baisser la garde.

  • Licencier : une politique suicidaire (OKUDA Hiroshi)

    Le président de la société Toyota s'en prend à la mode actuelle de la "restructuration", un mot qui désigne en réalité le dégraissage massif du personnel. Si une entreprise a des effectifs qui dépassent ses besoins, le directeur général et tout le personnel d'encadrement doivent s'efforcer de trouver de nouvelles activités pour la société, de façon à occuper les employés en surnombre. Les dirigeants qui ne sont pas capables de cette démarche ne méritent pas le nom de cadres. Mais il faut aussi que les individus soient autorisés à changer de travail en vue d'en trouver un où ils puissent déployer pleinement leurs talents. Dans le même temps, le Japon doit concentrer son attention sur deux domaines : le logement et l'innovation technologique, et en particulier la mise au point de la pile à combustible, pour aborder le XXIe siècle.

    LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE JAPONAISE

  • Terreur à Tôkaimura (MUKAIDANI Susumu)

    Le matin du 30 septembre 1999, l'alarme s'est déclenchée à l'usine de traitement de l'uranium que la société JCO exploite à Tôkaimura, dans le département d'Ibaraki. La pire catastrophe de toute l'histoire de l'énergie nucléaire au Japon venait de se produire. Quand la nouvelle parvint au maire du village, il prit la décision d'évacuer les habitants de la périphérie immédiate de l'usine. Des volontaires appartenant au personnel de JCO travaillèrent toute la nuit pour arrêter la réaction nucléaire en cours, s'exposant eux-mêmes à des niveaux élevés d'irradiation. Le lendemain matin, l'alerte était finie, mais la confiance de la population locale dans la sûreté des installations nucléaires concentrées dans leur région était fortement entamée.

  • Réflexions du gouverneur d'Ibaraki (HASHIMOTO Masaru)

    Divers organes de l'administration centrale se partagent la charge de définir la politique nucléaire du pays, si bien que la marge de manœuvre des autorités locales se résume à concevoir des plans d'urgence en partant du principe que l'administration centrale a fait les bons choix. Mais l'accident survenu à l'usine exploitée par la société JCO à Tôkaimura appartenait à une catégorie qui n'avait pas été envisagée. Et quand il s'est produit, le manque d'information et d'organes adéquats de liaison a ralenti la réaction des autorités préfectorales. Le dispositif de gestion des crises doit être amélioré et le gouvernement doit reconsidérer sa décision de procéder à une campagne en vue de faire baisser le prix de l'électricité, campagne qui a incité les entreprises, et notamment JCO, à rogner sur les dépenses d'installations et de personnel.

    MORITA AKIO, SONY ET LA RÉVOLUTION DE L'INFORMATION

  • Quarante-huit ans avec Morita Akio (OHGA Norio)

    Ohga Norio a rencontré Morita Akio en 1950, quatre ans après la fondation de l'entreprise qui allait devenir la société Sony. Ohga était alors étudiant en musique et passionné d'enregistrement au magnétophone. À l'époque l'entreprise n'était encore qu'un petit atelier de quartier. Embauché à temps partiel à la fin de ses études, Ohga prit ensuite un poste à plein temps qui lui donna tout le loisir d'observer le génie et l'intuition de Morita, dont témoigne l'invention du baladeur. C'était l'incarnation même de l'homme d'affaires cosmopolite, mais il était en même temps profondément japonais.

  • Tirer parti de la révolution de l'information (NOGUCHI Yukio)

    Le plus gros problème de l'économie japonaise aujourd'hui ne consiste pas à sortir de la récession ou à contenir l'ascension du yen, mais à mener à bien la réforme structurelle, tâche négligée depuis dix ans. Les États-Unis ont accompli une transformation révolutionnaire, mais le Japon n'a pas changé de façon notable. C'est la mentalité même du peuple japonais qui doit évoluer et, plus concrètement, il faut procéder à une réforme fondamentale du dispositif sur lequel repose l'économie nationale, notamment la gestion des entreprises et le système financier.

  • Les trois nouvelles frontières de la science (TAKEMURA Mitsuhiro, SAKAKI Hiroyuki, KOIZUMI Hideaki)

    Les experts s'intéressent à trois domaines fondamentaux où la science est en marche. Premièrement, il est crucial de se rendre compte, en ce qui concerne l'évolution de la cybernétique, que la culture est désormais la force motrice de l'économie. Le Japon doit consacrer toute son énergie à mettre ses valeurs culturelles à la disposition du monde entier via le cyberespace. Deuxièmement, sur le front de la nanotechnologie et de la picotechnologie, le Japon a certes de l'avance dans certains domaines, comme l'utilisation du microscope électronique et la production de puces extrêmement petites pour ordinateurs, mais il ne consacre pas suffisamment de temps à la recherche d'applications de ces technologies. Du côté de la frontière "interne", qui est celle des efforts à accomplir pour comprendre le cerveau humain, les percées de la technologie permettent d'étudier l'activité cérébrale sans immobilisation du sujet. C'est ainsi qu'on peut même examiner le cerveau des bébés. Les recherches sur le cerveau exigent une nouvelle forme d'approche interdisciplinaire.


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